Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent en France, mais en 2024, 59 % des conducteurs impliqués dans un accident n’étaient pas assurés. Dans le même temps, 2025 a été l’année la plus meurtrière pour les usagers d’EDPM, avec près de 80 décès, soit une hausse de 78 % en un an. Derrière ces chiffres se cache une réalité souvent mal comprise : l’assurance n’est pas une option, et sa portée varie selon que l’on possède, loue ou emprunte l’engin.
Propriétaire, locataire ou emprunteur : une couverture qui ne fonctionne pas de la même façon
Depuis le décret du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques sont classées comme véhicules terrestres à moteur (VTM). La responsabilité civile (RC) est donc obligatoire pour circuler sur la voie publique, quel que soit le statut de l’utilisateur. Mais « être couvert » peut vouloir dire des choses très différentes selon la situation.
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Quand on achète sa trottinette, c’est au propriétaire de souscrire un contrat RC dédié. L’assurance habitation ne suffit pas : elle exclut explicitement les véhicules motorisés. Une formule RC de base coûte entre 6 et 15 euros par an. Des options supplémentaires (vol, casse, protection conducteur) portent la prime autour de 18 à 25 euros annuels. Pour aller plus loin sur les spécificités selon chaque mode d’acquisition, le guide sur l’assurance trottinette électrique de Sport Auto détaille les différences selon que l’on opte pour l’achat, la location ou le prêt.
La location en free-floating (via des opérateurs de flotte urbaine) est un cas à part. L’opérateur, propriétaire de l’engin, souscrit une RC de groupe qui couvre les dommages causés à des tiers pendant la session. Mais cette couverture s’arrête là : une chute sans tiers impliqué, une conduite en zone interdite ou sous l’emprise de l’alcool ne sont pas pris en charge. L’usager doit alors se tourner vers sa propre mutuelle ou une garantie accidents de la vie.
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La location longue durée (abonnement mensuel) est probablement le cas le plus piégeux. La trottinette appartient au loueur, mais l’assurance RC n’est généralement pas incluse dans l’abonnement. L’utilisateur roule donc avec un engin qui lui est prêté, sans être automatiquement couvert. Vérifier les conditions du contrat de location avant de prendre la route est indispensable.
Le prêt entre particuliers, angle mort de l’assurance
Prêter sa trottinette à un ami semble anodin, mais c’est juridiquement risqué. La RC est attachée à l’engin et à son propriétaire, pas à la personne qui conduit. Il faut donc que le contrat du propriétaire prévoie explicitement l’usage par un tiers, ce qui n’est pas systématique. De son côté, l’emprunteur ne peut pas compter sur son assurance habitation : la RC de la MRH exclut les EDPM dans la quasi-totalité des contrats standards. Certains assureurs proposent une option « mobilités douces », mais elle doit être souscrite explicitement.
Autre point souvent ignoré : la vignette d’assurance physique reste obligatoire sur l’engin. Contrairement aux voitures, les trottinettes ne sont pas encore intégrées au Fichier des Véhicules Assurés (FVA) et ne bénéficient pas de la dématérialisation en vigueur depuis avril 2024. Lors d’un contrôle, l’attestation doit pouvoir être présentée, sous peine d’une amende de 35 euros. En cas d’accident sans assurance, les sanctions montent à 3 750 euros, avec risque de confiscation de l’engin.
La diversification des modes d’usage de la trottinette électrique a rendu la question de l’assurance plus complexe qu’elle n’y paraît. Connaître précisément sa situation, qu’on soit propriétaire, abonné ou simple emprunteur occasionnel, reste la seule façon de circuler sereinement, et légalement.

