Trottinette électrique : l’assurance est-elle vraiment obligatoire en France ?

Avec près de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France, l’engin est passé du gadget tendance au moyen de transport du quotidien. Pourtant, beaucoup d’utilisateurs ignorent encore leurs obligations légales, notamment en matière d’assurance. Une méconnaissance qui peut coûter très cher.

Une assurance RC obligatoire, pas optionnelle

Contrairement à une idée répandue, l’assurance responsabilité civile est strictement obligatoire pour toute trottinette électrique circulant sur la voie publique. Ce n’est pas une recommandation : c’est une exigence légale, au même titre que pour un véhicule motorisé. Avant même de choisir votre modèle, pensez donc à anticiper la question de l’assurance trottinette électrique adaptée à votre usage.

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Autre erreur fréquente : croire que l’assurance habitation couvre les trajets sur la voie publique. Elle ne protège que les sinistres survenant à domicile, un incendie de l’engin par exemple. Dès que vous roulez dehors, un contrat dédié est indispensable. En cas d’accident sans assurance, les sanctions sont lourdes : jusqu’à 3 750 € d’amende, une possible confiscation de l’engin, et surtout l’obligation d’indemniser les victimes de sa propre poche. Rouler avec une trottinette débridée aggrave encore la situation, l’assureur pouvant refuser toute prise en charge en cas de sinistre.

La classification de l’engin conditionne aussi le type de contrat à souscrire. Une trottinette bridée à 25 km/h est considérée comme un EDPM (engin de déplacement personnel motorisé) : la RC suffit. Au-delà de 25 km/h et jusqu’à 45 km/h, l’engin bascule dans la catégorie cyclomoteur, avec des exigences supplémentaires comme une homologation et, selon les cas, un permis AM.

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Des chiffres d’accidentologie qui expliquent l’urgence

La hausse des accidents impliquant des trottinettes électriques donne une autre dimension à l’obligation assurantielle. En 2024, 45 personnes sont mortes sur ce type d’engin en France, un chiffre qui a plus que quadruplé depuis 2019. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % par rapport à la même période un an plus tôt. Sur les douze derniers mois, plus de 900 personnes ont été blessées gravement, soit une hausse de 28 %.

Ces données illustrent un paradoxe : la trottinette est un engin léger, rapide et peu visible, sans carrosserie ni protection passive. Son conducteur est directement exposé à l’impact. La réglementation impose un âge minimum de 14 ans, une vitesse plafonnée à 25 km/h sur la voie publique et plusieurs équipements obligatoires (feux, avertisseur sonore, dispositifs réfléchissants). Un décret du 29 novembre 2024 autorise désormais les feux stop et clignotants sur les EDPM, signe que la sécurité active de ces engins continue d’évoluer.

Combien coûte une assurance et quelles garanties choisir ?

Bonne nouvelle : couvrir sa trottinette reste accessible. La RC de base pour un EDPM démarre autour de 27 euros par an, certaines formules mensuelles oscillant entre 3,50 et 5 euros par mois. Pour les engins assimilés à des cyclomoteurs (25-45 km/h), les tarifs grimpent entre 150 et 400 euros annuels selon le profil et les garanties. Ces montants varient selon l’âge du conducteur, la valeur de l’engin et le contexte d’utilisation (milieu urbain dense, usage régulier).

Au-delà de la RC minimale, il est possible d’opter pour des garanties complémentaires : couverture des dommages corporels du conducteur en cas de chute, protection contre le vol ou la casse. Certains assureurs proposent des formules familiales couvrant plusieurs utilisateurs d’un même engin. 

Avec 700 000 trottinettes vendues en 2025 et un marché qui s’installe dans la durée, l’assurance n’est plus un détail à régler après l’achat. C’est une étape à intégrer dès le départ, au même titre que le choix du modèle ou du casque.

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