Trottinette électrique : l’assurance est-elle vraiment obligatoire ?

Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et le marché reste solide avec 700 000 unités vendues en 2025 selon le baromètre Mobilians. Pourtant, une large part des utilisateurs ignorent qu’ils sont tenus par la loi de souscrire une assurance spécifique. Une méconnaissance qui peut coûter très cher.

Une obligation légale, pas une option

La trottinette électrique appartient à la catégorie des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). À ce titre, elle est classée comme véhicule terrestre à moteur et tombe sous le coup de l’article L211-1 du Code des assurances : l’assurance responsabilité civile est obligatoire pour circuler sur la voie publique. Cette règle s’applique à tous les modèles dont la vitesse maximale ne dépasse pas 25 km/h, qu’il s’agisse d’une trottinette, d’une gyroroue ou d’un hoverboard.

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Pour choisir la couverture adaptée à son usage, il peut être utile de consulter un comparatif d’assurance trottinette électrique avant de souscrire. Une précaution d’autant plus importante qu’une idée reçue persiste : la responsabilité civile comprise dans un contrat multirisque habitation ne couvre pas les dommages causés par un véhicule terrestre à moteur. Un contrat distinct est donc indispensable, sans exception.

À noter : les trottinettes débridées dépassant 25 km/h basculent dans le régime des cyclomoteurs, avec immatriculation et permis AM obligatoires. Quant aux mineurs, ils ne peuvent souscrire seuls, leurs parents doivent les déclarer comme conducteur secondaire sur leur propre police.

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Tarifs, garanties et sanctions : ce qu’il faut savoir concrètement

Selon les assureurs, les tarifs s’échelonnent entre 60 et 360 euros par an, à titre indicatif. Trois niveaux de formule coexistent sur le marché. La formule au tiers couvre uniquement la responsabilité civile obligatoire (5 à 8 euros par mois environ). Le tiers étendu ajoute la garantie vol, les dommages partiels et une couverture conducteur plafonnée (10 à 15 euros par mois). Enfin, le tous risques intègre l’ensemble des garanties avec un capital conducteur plus élevé (18 à 30 euros par mois). Pour un engin acheté moins de 400 euros, la formule au tiers reste souvent suffisante : le coût d’une garantie vol et dommages dépasse fréquemment la valeur de remplacement. Au-delà de 600 euros, la couverture complète se justifie davantage.

Circuler sans assurance constitue un délit. Une amende forfaitaire de 500 euros (minorée à 400, majorée à 1 000 euros) est appliquée en première constatation, et le tribunal peut aller jusqu’à 3 750 euros d’amende avec suspension de permis et confiscation de l’engin. Mais le risque financier le plus sérieux est ailleurs : si vous causez un accident sans assurance, le Fonds de garantie des assurances obligatoires indemnise la victime, puis se retourne contre vous pour récupérer l’intégralité des sommes versées, majorées d’intérêts et de frais de recouvrement.

Une sinistralité qui grimpe et remet tout en perspective

45 personnes sont mortes sur une trottinette électrique en 2024, un chiffre multiplié par quatre depuis 2019. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % par rapport à la même période en 2024. Plus de 900 blessés graves ont été recensés sur les douze derniers mois. Dans certains territoires, la situation est encore plus marquée : dans le Doubs, le nombre d’accidents corporels impliquant un EDPM a été multiplié par dix depuis 2020.

Ces chiffres rappellent que l’assurance n’est pas qu’une formalité administrative. Sans carrosserie ni ceinture, le conducteur de trottinette est exposé directement à l’impact. La responsabilité civile protège les tiers en cas d’accident, mais ne couvre ni vos propres blessures ni votre engin. 

Avec plus de 5 millions de trottinettes électriques vendues en France depuis 2016, le phénomène est bien installé. Autant l’aborder avec les bons réflexes, à commencer par celui de l’assurance.

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