Passer d’un trajet solo à une virée à deux, c’est une toute autre expérience. Beaucoup de motos se montrent très accueillantes pour le pilote solitaire, mais dès qu’il s’agit d’emmener un passager, la donne change complètement.
Partagez la selle d’une sportive, ou tentez votre chance sur un Harley Forty Eight avec quelqu’un derrière vous : pour le passager, le voyage prend rapidement des airs de test de résistance. Pendant que le pilote anticipe et ajuste ses trajectoires, le passager doit encaisser accélérations et cahots sans jamais les voir venir. C’est là que le choix de la moto prend toute son importance pour transformer la balade en duo en vraie parenthèse agréable.
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À mesure que les kilomètres s’additionnent, on pardonne moins les assises dures et les suspensions raides. Avec les années, cette exigence de confort se fait plus marquée : à 20 ans, on s’accommode de tout, à 50, on recherche une selle qui ménage le dos et des suspensions souples. Pour toutes les demandes reçues sur ce sujet, voici une sélection de motos modernes, couvrant différents budgets et profils d’usage. Vous ne trouverez pas ici de classement figé, juste des motos testées dans la vraie vie, et qui défendent une vraie capacité à emmener un duo sans sacrifier le plaisir.
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Sur la photo, tout le monde se tient prêt pour partir à deux… à part les passagères qui ajustent encore casque et gants juste avant le départ !
Meilleures motos pour Duo
Crosstourer Honda
La Honda Crosstourer existe en version à boîte automatique DCT ou manuelle, un sérieux atout pour s’adapter à toutes les situations. Ce fameux DCT, avec ses modes normal et sport, garantit une conduite fluide et rassurante pour le passager, surtout en ville. La selle enveloppe l’arrière dans de bonnes conditions et la moto mise sur la polyvalence et la robustesse. Seul point noir noté : sur terrain boueux, la fourche comme l’arrière manquent d’allonge. Pour accéder au réglage de suspension, il faut parfois décrasser à fond, sinon la molette refuse de tourner. Passé ce détail, la Crosstourer surprend et séduit, particulièrement avec sa boîte double embrayage en duo. J’étais sceptique, j’ai goûté, l’essai m’a convaincu. Maniable, moins onéreuse que les BMW GS équivalentes, elle se distingue par sa facilité de prise en main.
BMW F800GS et BMW F700GS
La BMW F800GS fait mouche en utilisation à deux, avec son gabarit contenu et sa légèreté qui rassurent autant dans la jungle urbaine que sur les chemins défoncés. Oui, elle coûte cher à l’achat, mais ses variantes F700GS et F650GS twin (toutes deux sur base 800 cm³ bridée) allègent la facture sans rogner sur le plaisir. Attention cependant, la F650GS twin n’a qu’un disque avant : le freinage s’en ressent avec un passager. Identité claire pour la F700GS et la F800GS, dont le moteur bicylindre étonne par sa souplesse et son énergie, même si l’on note parfois quelques caprices d’humeur, surtout côté pompe à eau sur certains millésimes. Malgré cela, la prise en main à deux reste simplissime et le sourire ne manque pas en sortie de virage.
Honda Crossrunner 2011 et Honda Crossrunner 2016
Arrivé sur le marché en 2011 avec le moteur VFR, le Crossrunner 800 se situe entre le trail et la sportive. Après des années de fidélité aux trails BMW, je suis passé chez Honda pour la première fois et le changement a été net : allure intermédiaire, position les jambes écartées, sensations différentes. Jusqu’à 130 km/h, la bête tourne sur 8 soupapes puis passe en 16, et là, c’est une autre histoire pour les deux occupants. Seul souci rencontré : la selle d’origine se révèle trop glissante pour le passager. Solution adoptée : une selle personnalisée, et soudain, les balades deviennent supportables. Pour le reste, fiabilité et amusement sont au rendez-vous.
Changement radical en 2016 : position revue, guidon réhaussé, esthétique modernisée. Impossible de ne pas sourire en voyant que les designers ont lâché la bride sur les looks : le V-Strom invente le trail cyclope, Yamaha mise sur le plastique à outrance, Versys joue la tête d’insecte… Et pourtant, ces trois-là sont incroyablement efficaces à deux. Les apparences n’ont jamais fait la route.
Suzuki V-Strom
Avec ses coloris franches, sellerie bicolore jaune noir en prime, la Suzuki V-Strom ne passe pas inaperçue. Face à la Crossrunner discrète, elle assume une ligne contemporaine. Proposée en 650 cm³, elle garde un tarif abordable mais réclame d’ajouter pas mal d’accessoires pour la transformer en vraie voyageuse. C’est pourtant, de toutes celles testées, la moto qui offre l’assise arrière la plus douce, même après plusieurs centaines de kilomètres. Elle montre aussi son aisance en solo, tant sur route qu’en ville. Si Suzuki avait poussé plus loin les équipements de série ou les clignotants à LED, l’expérience aurait frôlé la perfection.
Yamaha Tracer
En choisissant la Yamaha Tracer, c’est son triple cylindres qui marque la différence. Dans sa version haut de gamme, on retrouve une parenté avec le Triumph Tiger. Yamaha équipe généreusement la Tracer dès la sortie d’usine, tout en maintenant un tarif bien placé. Cela explique son succès… mais aussi le fait qu’elle fasse partie des motos les plus prisées et volées ces dernières années. Un revers à sa popularité, sans doute.
Kawasaki Versys
La Versys n’exige pas de casser la tirelire pour rouler à deux. Existe en deux cylindrées, avec une bagagerie très bien intégrée pour ceux qui aiment partir longtemps. Son museau inspiré de la Tiger 1050 lui donne une tête inimitable parmi les Kawasaki, et sa version 650 met à disposition 69 chevaux qu’on exploite avec le même plaisir en ville ou sur autoroute.
Au bout du compte, voyager à deux prend un autre relief avec la bonne bécane. Reste à choisir celle qui vous ouvrira les routes, aussi loin et aussi longtemps que l’envie d’avancer l’emportera sur celle de s’arrêter.

