Bien choisir le régime de TVA adapté à votre SCI

Choisir un régime de TVA pour sa SCI ne se limite pas à cocher une case administrative. Il s’agit d’un levier direct sur la fiscalité des revenus locatifs et les gains réalisés lors de la cession d’un bien. Les conséquences, parfois sous-estimées, influencent durablement le rendement et la liquidité de la société civile immobilière.

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IR ou IS : deux acronymes qui dessinent des trajectoires fiscales radicalement différentes. Peut-on changer d’avis en cours de route ? La SCI est-elle forcément concernée par la TVA ? Avant d’aller plus loin, ou de solliciter un expert fiscal, il est utile de baliser les grands principes du régime fiscal d’une SCI.

SCI à l’impôt sur le revenu : fonctionnement et impacts

Par défaut, le régime de la SCI s’aligne sur celui de l’impôt sur le revenu (IR). Les bénéfices comme les déficits générés sont directement reportés sur la déclaration de chaque associé, à hauteur de ses parts dans la société. Ce mode de fonctionnement, qualifié de transparence fiscale, implique que la SCI elle-même n’est pas imposée.

Pour les propriétaires relevant du régime du micro-foncier, la mécanique se simplifie : il suffit d’appliquer un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts encaissés, sous réserve que le total reste sous la barre de 15 000 euros par an.

Au-delà de ce seuil, on bascule dans le régime réel. Ici, les charges réelles (intérêts d’emprunt, assurances, travaux, frais de gestion…) viennent en déduction des recettes pour déterminer le revenu imposable.

Les plus-values immobilières, elles, sont taxées à 19 %. Au-delà de 50 000 euros de plus-value, une surtaxe vient s’ajouter. À cela s’ajoutent 15,5 % de prélèvements sociaux.

Zoom sur les spécificités du régime IR

Le régime IR présente plusieurs avantages concrets :

  • Chaque associé peut imputer sa part de déficit sur sa déclaration de revenus, dans la limite annuelle de 10 700 euros.
  • En cas de revente d’un bien, la durée de détention ouvre droit à un abattement sur la plus-value. Aucun abattement avant 6 ans, puis une exonération totale au bout de 22 ans.
  • La gestion comptable reste légère : il suffit de tenir les justificatifs et un livre retraçant encaissements et dépenses. Aucun bilan annuel à déposer.

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L’impôt sur les sociétés (IS) : une alternative structurante

Les associés peuvent choisir de soumettre leur SCI à l’impôt sur les sociétés. Cette option doit être exprimée auprès du service des impôts lors de la création de la SCI. Dans ce schéma, les bénéfices sont taxés au niveau de la société. En cas de distribution de dividendes, chaque associé sera imposé à titre personnel sur la part qu’il perçoit.

Une activité de location meublée entraîne automatiquement l’imposition à l’IS, car elle est considérée comme commerciale.

Les prestations de services, elles, ne donnent droit à aucun abattement et sont intégralement ajoutées au résultat fiscal de la SCI.

Le taux standard s’établit à 33,33 %, avec une tranche à 15 % pour les premiers 38 120 euros de bénéfice.

L’essentiel à retenir sur l’option IS

Opter pour l’impôt sur les sociétés modifie en profondeur la gestion et la fiscalité :

  • Les charges réelles, et la rémunération des gérants, sont déductibles, ce qui n’est pas possible à l’IR.
  • La responsabilité de chaque associé sur les dettes reste proportionnelle à ses parts sociales.
  • La SCI à l’IS doit établir et déposer un bilan annuel. La gestion comptable devient donc nettement plus exigeante.
  • Ce choix est irréversible : impossible de revenir à l’IR sans dissoudre la SCI et en créer une nouvelle.

SCI et TVA : règles et opportunités

La SCI n’est pas soumise à la TVA par principe. Elle ne la facture pas à ses locataires et ne peut pas la récupérer sur ses achats. Pour les SCI à l’IR, la TVA payée sur les dépenses constitue donc un coût non récupérable.

Cependant, certains cas font exception :

  • La location meublée, la location de parkings ou de locaux à usage professionnel entraîne l’assujettissement automatique à la TVA.
  • Pour un immeuble nu à usage de bureaux, industriel ou commercial, il est possible d’opter pour la TVA.

Ce choix prend tout son sens pour les SCI qui prévoient d’importants travaux ou l’achat d’un bien neuf : récupérer la TVA sur d’importantes dépenses améliore la rentabilité du projet.

Procédure d’option pour la TVA

Pour activer cette option, une lettre doit être adressée au service des impôts dont dépend la SCI. Il est impératif de spécifier l’immeuble concerné : seule la ou les propriétés déclarées bénéficieront du dispositif. La demande doit être faite dans les 15 jours suivant le début de l’activité concernée par la TVA, avec un effet à compter du mois suivant.

L’option TVA est valable dix ans et peut être renouvelée.

Ce que la TVA change pour la SCI

Selon le régime d’imposition, l’administration impose différentes obligations :

  • En régime réel simplifié, il faut déposer une déclaration mensuelle ou trimestrielle et s’acquitter de la TVA due (moins de 4 000 € par an).
  • En régime simplifié, une déclaration annuelle suffit, assortie d’acomptes semestriels.
  • La SCI peut répercuter la TVA à ses locataires, sauf pour ceux qui ne sont pas eux-mêmes soumis à cette taxe (comme certaines associations ou micro-entrepreneurs). Dans ce cas, le bail doit mentionner cette clause.

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Choisir le bon régime de TVA pour sa SCI, c’est accepter de prendre le volant fiscal avec méthode. Derrière chaque option, il y a des chiffres, des démarches, mais surtout des conséquences durables sur la rentabilité de votre investissement. La vraie question : quelle trajectoire souhaitez-vous dessiner pour la société… et pour vous-même ?

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