En 2025, les programmations de festivals reggae européens affichent une proportion inédite d’artistes féminines dans leurs têtes d’affiche. Plusieurs chanteuses issues de la scène caribéenne figurent sur la liste des nommés aux Flammes Awards 2026, alors que les Victoires du Reggae intègrent de nouvelles catégories pour valoriser la diversité des voix.
La scène indépendante enregistre une augmentation de plus de 30 % des sorties d’albums reggae portés par des artistes féminines, selon les chiffres du MIDiA Research. L’émergence simultanée de talents en Jamaïque, en France et en Allemagne s’accompagne d’une visibilité accrue dans les principaux médias spécialisés.
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Reggae au féminin : qui sont les nouvelles voix à suivre en 2025 ?
Depuis quelques années, le reggae féminin ne se contente plus de faire de la figuration. Une génération d’artistes issues de tous horizons insuffle une énergie nouvelle au genre. En studio, sur scène, elles s’affirment, fédèrent, innovent. Les projets collectifs se multiplient, portés par une volonté partagée de renouveler les codes.
À ce titre, le projet Dub No Frontiers, imaginé par Kerieva McCormick et Adrian Sherwood, frappe fort : sous la bannière Real World Records, l’album réunit des voix du monde entier. Temi Oyedele chante en yoruba, Rita Morar porte le reggae en hindi, Neyssatou revisite War de Bob Marley en arabe, et Kerieva elle-même livre Chavale en romani. Cette mosaïque linguistique et culturelle donne le ton : la scène dub internationale n’a plus de frontières.
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La dynamique de groupe s’illustre aussi dans Female Reggae Voices, projet lancé par Res Staudenmann. Samora, Naïma, Irina Mossi, Joby Jay, Awa Fall, Delphine, Laylah Arruda… autant de parcours singuliers qui convergent autour de morceaux forts. Les thèmes abordés ? Affirmation de soi, solidarité féminine, lutte contre le racisme, unité des femmes noires. Chacune affirme sa singularité : Joby Jay défend l’empowerment en Jamaïque avec Queen, Zoe Mazah se bat pour les droits humains depuis l’Allemagne, SumeRR tisse une passerelle entre l’Espagne et le panafricanisme.
Quelques voix à surveiller en 2025
Voici quelques artistes qui comptent parmi les figures à suivre dans l’actualité reggae féminine :
- Jah9 (Janine Elizabeth Cunningham) : albums New Name, 9, et interventions publiques sur le panafricanisme.
- Samora : souffle positif et tubes comme Free Up.
- Irina Mossi : Sister Sister, un hommage vibrant à la force des liens féminins.
- Sistah Maryjane : One People, hymne fédérateur porté sur la scène espagnole.
- Delphine : Precious, une voix française qui symbolise l’émancipation.
Le reggae au féminin s’impose désormais comme une force de création capable d’influencer le mouvement dans son ensemble. Qu’il s’agisse du roots, du dub ou des sonorités hybrides, il redessine la carte du genre, de Kingston à Paris.

Festivals, Victoires du Reggae et Flammes Awards : l’actualité qui façonne la scène européenne et caribéenne
Les grands rendez-vous du reggae européen donnent la mesure de cette évolution. Reggae Sun Ska, Rototom Sunsplash, No Logo, Dub Camp : autant de festivals qui font office de baromètre pour la scène. Les line-ups de l’été affichent un nombre croissant de chanteuses parmi les têtes d’affiche. Marcia Griffiths, surnommée la « reine du reggae », enflamme Bordeaux ; Naïma, Irina Mossi, Samora prennent leur place sur scène, toutes générations confondues.
La reconnaissance officielle se fait plus présente. Les Victoires du Reggae en France et les Flammes Awards célèbrent aujourd’hui des carrières féminines qui, jusqu’alors, restaient dans l’ombre. Delphine pour la France, Joby Jay pour la Jamaïque, Sistah Maryjane en Espagne : ces nominations témoignent d’un changement profond dans la manière dont le secteur met en avant la diversité. Ce n’est plus réservé aux hommes ou à quelques collectifs mixtes ; l’évolution se constate jusqu’aux remises de prix.
Dans les sound systems et le dub, le monopole masculin recule. Akabu, groupe de reggae exclusivement féminin, fait figure de pionnières. D’autres collectifs, venus du Royaume-Uni, de Suisse ou du Suriname, impriment leur marque. Les réseaux sociaux accélèrent encore cette dynamique, offrant aux chanteuses des espaces d’expression inédits, de Kingston à Berlin, des studios aux scènes électroniques.
L’influence des pionnières, comme Louise Bennett-Coverley, Millie Small ou Sonia Pottinger, traverse les générations. Aujourd’hui, leurs traces s’entendent dans les mix des DJ, sur les scènes européennes et caribéennes, du roots au dancehall, en passant par la bass music. Les chanteuses imposent leur cadence, s’inscrivant dans la modernité tout en rendant hommage aux figures historiques du reggae.
À écouter la scène reggae féminine de 2025, impossible de se dire que le genre n’a pas changé de visage. Les voix de Lagos, Kingston, Paris ou Berlin s’élèvent, se croisent, et inventent le futur du reggae, sans craindre de bousculer les habitudes,ni de faire du bruit.

