La différence d’âge ne fait pas tout, et ce n’est pas Claire Danes qui dira le contraire. Sur le tournage de « Roméo + Juliette » en 1996, elle avait 17 ans, Leonardo DiCaprio en affichait 21. Deux jeunes stars, propulsées par Baz Luhrmann au sommet d’une fresque shakespearienne électrisante. Mais derrière la passion à l’écran, la réalité s’est montrée bien moins idyllique. Claire Danes, devenue plus tard la star de la série « Homeland », a qualifié leur relation de « problématique ». Un mot qui claque et intrigue.
Claire Danes et Leonardo DiCaprio, deux tempéraments qui s’entrechoquent
Certains tournages soudent des équipes comme jamais. Ici, rien de tout ça : durant « Roméo + Juliette », pas de duo indestructible, juste deux tempéraments opposés forcés de cohabiter. Plusieurs témoignages convergent : Claire Danes, appliquée et concentrée, peinait à supporter l’humour potache et les plaisanteries à répétition de Leonardo DiCaprio. Lui, déjà réputé pour ses farces, voulait détendre l’atmosphère entre les prises, mais tombait sur un mur. L’ambiance ? Crispée, chaque acteur replié dans sa bulle, les échanges réduits au minimum.
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Ce n’était pas la première fois que DiCaprio adoptait ce comportement sur un plateau. Sur « Titanic », il multipliait déjà les bêtises, comme lorsqu’il a recouvert la tête de Kate Winslet de sa veste après y avoir lâché un pet. Sauf que là, Winslet s’esclaffait avec lui, et une véritable camaraderie est née. Entre Danes et DiCaprio, le courant ne passait pas : elle le trouvait immature, lui la trouvait rigide. Deux approches, deux univers distincts. Pourtant, à l’écran, la magie opère : la caméra a su sublimer ce décalage. Paradoxe du cinéma, qui célèbre parfois des duos en coulisses diamétralement opposés.
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Rendons à ces anecdotes leur part d’incertitude : ce sont souvent des souvenirs déformés ou amplifiés par le temps. Un constat demeure cependant, Claire Danes éprouvait sur le plateau bien plus que de la simple contrariété face à DiCaprio.
Un béguin impossible à cacher

Des années plus tard, Claire Danes a avoué à W Magazine avoir eu un véritable béguin pour son partenaire. Difficile de garder la tête froide dans la peau de Juliette, face à l’un des jeunes acteurs les plus admirés de sa génération. Ce trouble interne ne l’a pas aidée : « Je ne pouvais pas craquer pour le garçon sur lequel j’étais censée poser un regard professionnel ! », a-t-elle reconnu. Jouer l’amour au cinéma impose sa propre discipline quand le cœur, lui, s’emballe.
Elle a aussi raconté à quel point ce duo à l’écran a chamboulé certains spectateurs. « Beaucoup d’hommes homosexuels m’ont dit qu’en regardant Roméo + Juliette, ils ne savaient pas qui ils voulaient embrasser. Il s’agissait de Leo ! Et je comprends tout à fait. » Toute une génération marquée, entre séduction, trouble et fascination, par cette incarnation du mythe shakespearien.
Natalie Portman, un choix rapidement écarté pour Juliette
Avant que Claire Danes ne soit choisie, la production avait sérieusement considéré Natalie Portman. Son profil a séduit d’emblée : talent remarquable, charisme instinctif, justesse rare pour son âge. Problème, elle n’avait que treize ans au moment des essais. L’âge exact de Juliette dans la pièce, certes, mais à l’image, ce décalage avec DiCaprio (alors âgé de 21 ans) sautait aux yeux. Impossible de croire à une romance sur grand écran avec un tel déséquilibre, même pour des producteurs aguerris.

Natalie Portman est revenue sur cette expérience lors d’un entretien. Elle se rappelle avoir compris très tôt que le projet ne lui conviendrait pas à cause de cette différence trop flagrante avec DiCaprio : « On a tous compris que ça ne fonctionnerait pas. » Sans rancune, elle l’affirme : elle adore le film et estime que Claire Danes y livre une prestation remarquable.
On garde tous en mémoire l’intensité de ce duo Danes-DiCaprio, une alchimie saisissante sur pellicule, bien que l’envers du décor ne soit qu’incompréhension et tension feutrée. C’est aussi la force d’un long-métrage : convertir la rivalité muette en étreintes, transformer la distance en fulgurances romantiques. Et au bout du compte, il reste cette scène suspendue, deux regards rivés l’un à l’autre dans la lumière bleutée d’une piscine, dialogue silencieux resté gravé, mystère lumineux en marge des projecteurs.

