La vente courte expliquée simplement pour mieux la comprendre

Un propriétaire qui doit plus que la valeur de sa maison, une banque qui préfère limiter la casse plutôt que de tout perdre, et des acheteurs tentés par un prix cassé : la vente à découvert ne ressemble à rien d’autre sur le marché immobilier. Les règles du jeu y sont particulières, les risques bien présents, mais les opportunités, elles, n’ont pas complètement disparu.

La vente à découvert, souvent confondue avec la saisie, suit pourtant une logique différente. Ici, le prêteur ne met pas le propriétaire à la porte. Il accepte simplement que ce dernier vende le bien à un prix inférieur au montant restant de l’hypothèque. Résultat : le vendeur limite les dégâts et la banque évite une procédure judiciaire longue et coûteuse.

Pourquoi envisager cette option ? Un seul argument de poids : décrocher une maison à un tarif très attractif. Mais il serait naïf de croire que l’affaire se fait en claquant des doigts. Le parcours est semé d’embûches, et la patience est de rigueur.

Au fil de ce dossier, vous trouverez un décryptage du fonctionnement d’une vente à découvert, ses atouts, ses écueils, et les étapes à connaître pour éviter les faux pas.

Dans cet article (Passer à…) Explorez vos options hypothécaires (9 juin 2020)

  • Qu’est-ce qu’une vente courte ?
  • Le processus de vente à découvert
  • Combien de temps dure une vente à découvert ?
  • Obstacles lors du processus de vente à découvert
  • Qui devrait acheter une vente courte ?
  • Avantages et inconvénients de l’achat d’un court
  • vente

Qu’est-ce qu’une vente courte ?

Le mécanisme d’une vente à découvert reste assez limpide : le propriétaire doit plus à la banque que la valeur actuelle de son bien. On parle alors d’une maison « sous l’eau », ou de capitaux propres négatifs. Le bien se retrouve sur le marché avec le feu vert du prêteur, à un prix plus bas que le reste de l’emprunt.

Côté banque, mieux vaut encaisser une perte limitée que de finir avec une saisie sur les bras. De leur côté, certains propriétaires évitent ainsi la case expulsion. Quant à l’acheteur, il peut saisir une opportunité intéressante, si, et seulement si, il sait naviguer entre les écueils.

Le processus de vente à découvert

Sur le papier, acheter une maison en vente à découvert ressemble à n’importe quel achat immobilier. On repère un bien, on obtient une pré-approbation pour le financement, on formule une offre, puis on négocie avant de conclure. Pourtant, chaque étape présente ses propres spécificités et pièges. Voici ce qu’il faut garder à l’esprit.

Étape 1 : Repérer une maison en vente à découvert

Face à la complexité du processus, mieux vaut ne pas s’aventurer seul, à moins d’avoir déjà roulé sa bosse dans l’immobilier. En cherchant sur le MLS, on peut repérer certaines opportunités, mais l’accompagnement d’un agent chevronné, rompu aux ventes à découvert, change la donne. Il saura vérifier le titre, détecter un éventuel avis de saisie, et déterminer précisément ce que le propriétaire doit à la banque. Autant d’informations précieuses pour bâtir une offre solide.

L’agent devient aussi votre meilleur allié pour négocier, contourner les obstacles et sécuriser la transaction jusqu’au bout.

Étape 2 : Obtenir une pré-approbation pour le financement

Sauf à payer comptant, impossible de faire l’impasse sur la pré-approbation du prêt. Les banques ne s’embarrassent pas des dossiers flous : sans preuve de financement, l’offre finit presque toujours à la corbeille.

Heureusement, cette démarche est rapide. En 24 heures, la plupart des prêteurs peuvent vérifier votre solvabilité et vous fournir une lettre d’approbation préalable. C’est le sésame pour être crédible face au vendeur.

Commencez votre pré-approbation aujourd’hui (9 juin 2020) Étape 3 : Formuler une offre sur une maison en vente à découvert

Pour mettre toutes les chances de votre côté, adressez une offre cohérente avec la valeur réelle du bien. Inutile de tenter un coup bas : aujourd’hui, les banques ne bradent plus systématiquement, et les vendeurs sont moins pressés qu’après la crise de 2008.

Une offre bien construite comporte généralement plusieurs éléments :

  • Un contrat d’achat signé par les deux parties
  • Un dépôt d’argent sérieux, pour prouver votre engagement (en cas de succès, il vient en déduction de l’apport personnel)
  • Une lettre de pré-approbation, gage de votre capacité à financer l’opération
  • Des comparatifs de ventes récentes (« comps ») dans le quartier, pour étayer votre proposition
  • Des justificatifs de fonds, si la lettre de pré-approbation ne suffit pas à rassurer le vendeur (relevés bancaires, comptes d’investissement, etc.)

Oubliez la vieille recette du prix plancher : aujourd’hui, la sous-évaluation est la première cause de refus. Les banques attendent des offres sérieuses, complètes et documentées.

Un dossier incomplet, lui, a toutes les chances d’être balayé sans appel.

Étape 4 : Négocier la vente à découvert et prévoir les clauses de sauvegarde

Avec votre agent, préparez un addenda spécifique à la vente à découvert, incluant les éventualités à respecter. Ces clauses conditionnent la validité de la transaction à certains points : accord du(des) prêteur(s), durée d’attente maximale pour l’approbation, montant des frais à votre charge, etc.

Il est aussi recommandé d’inclure une condition liée à l’inspection du bien. Faire examiner la maison avant de s’engager reste impératif, d’autant qu’il est fréquent de découvrir des défauts cachés (termites, humidité, problèmes structurels). Certains acheteurs font appel à des experts pour éviter les mauvaises surprises.

Attention : les ventes à découvert se font « en l’état »

Dans ce type de transaction, pas question de négocier une baisse du prix si un problème surgit après l’inspection. Les vendeurs n’acceptent que rarement de revoir leur position. En revanche, déceler un défaut grave peut vous pousser à renoncer, si le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Pour les acheteurs avertis, les ventes à découvert peuvent réserver de bonnes affaires. Encore faut-il être prêt à surmonter tous les obstacles jusqu’à la signature.

Combien de temps dure une vente à découvert ?

Selon l’expérience d’un agent californien, l’approbation d’une vente à découvert prend généralement entre 60 et 90 jours après le dépôt d’une offre complète. Mais ce n’est qu’une moyenne : la réalité varie selon la région, le nombre de prêteurs impliqués ou la situation administrative du bien.

Parfois, le délai s’allonge si plusieurs créanciers doivent donner leur feu vert, ou si la banque traîne à traiter le dossier. Même un agent spécialisé ne peut qu’estimer la durée exacte pour chaque cas.

Les obstacles à prévoir lors d’une vente à découvert

Trois difficultés majeures peuvent ralentir, voire faire capoter une vente à découvert :

  1. La présence de plusieurs créanciers. Si le propriétaire a contracté plusieurs prêts, certains créanciers secondaires peuvent s’opposer à la vente, car ils risquent de récupérer peu ou pas d’argent.
  2. Le vendeur se désiste. Cela arrive lorsqu’on lui demande de participer aux frais de clôture et qu’il refuse de payer.
  3. La banque accepte une offre concurrente. Même après avoir versé un dépôt, fait inspecter la maison ou effectué des recherches de titre, il est possible qu’une offre plus intéressante vous passe sous le nez.

Pour limiter les déconvenues, il est vivement conseillé de s’entourer d’un professionnel aguerri.

Qui peut envisager d’acheter une maison en vente à découvert ?

Acheter ce type de bien demande une bonne dose de sang-froid et la capacité à encaisser d’éventuels retards. Pas étonnant donc que les investisseurs et marchands de biens soient les plus actifs sur ce créneau : ils négocient sans attachement émotionnel et encaissent plus facilement une transaction qui s’effondre.

Pour un particulier en quête de résidence principale, la démarche se révèle plus risquée. Un projet de vie peut alors dépendre d’un délai incertain, voire tomber à l’eau au dernier moment. Si votre situation personnelle permet d’attendre, la vente à découvert reste une option à considérer, mais elle n’est pas adaptée à tous les profils.

Avantages et inconvénients d’un achat en vente à découvert

Voici un aperçu des points forts et des limites de cette démarche :

  • Obtenir une maison à un prix attractif
  • L’état du bien est souvent meilleur que lors d’une saisie
  • Les opportunités sont plus rares qu’avant
  • Le processus peut s’étirer sur plusieurs mois
  • Le taux d’échec des transactions est plus élevé

Le principal intérêt d’une vente à découvert reste la possibilité de réaliser une belle opération financière, souvent sur un logement encore entretenu par son occupant. À l’inverse, une saisie laisse parfois place à des biens très dégradés.

Mais à chaque étape, le dossier peut dérailler : le prêteur, et non le propriétaire, a le dernier mot, et il n’est pas rare de composer avec plusieurs créanciers. Certains acheteurs acceptent ces contraintes pour profiter d’un prix imbattable, mais mieux vaut connaître à l’avance l’ensemble des pièges potentiels.

Les maisons en vente à découvert sont plus rares qu’avant

Pour qu’une vente à découvert ait lieu, il faut que le propriétaire soit en situation de capitaux propres négatifs. Or, depuis la crise de 2008, la proportion de logements « sous l’eau » a chuté de façon spectaculaire.

Frank Nothaft, économiste en chef chez CoreLogic, résumait la situation fin 2019 : « Les propriétaires concernés par des capitaux propres négatifs sont désormais moins de 2 millions, soit moins de 4 % des prêts immobiliers. »

En comparaison, il y a dix ans, plus de 11 millions de ménages étaient concernés, soit un quart des propriétaires avec un crédit immobilier.

Résultat : aujourd’hui, les ventes à découvert sont davantage des exceptions. Mais la prochaine crise économique pourrait bien relancer ce type d’opération.

Des délais parfois interminables

Les ventes à découvert sont souvent traitées en dernier par les banques, qui savent déjà qu’elles perdront de l’argent sur le dossier. La moindre erreur dans la paperasse ou la présence de plusieurs prêteurs peuvent rallonger les délais d’acceptation, parfois de plusieurs mois. Il n’est pas rare non plus que la banque formule une contre-offre, ce qui ramène les négociations à la case départ.

La National Association of Realtors rapporte des témoignages d’agents faisant état de dossiers égarés, d’évaluations fantaisistes et de délais de réponse si longs que des acheteurs abandonnent en cours de route. Acheter une maison en vente à découvert demande donc une bonne dose de sang-froid… et de persévérance.

Qu’advient-il du vendeur après la vente ?

La suite dépend des cas : parfois, la dette résiduelle est effacée, d’autres fois, le prêteur engage une procédure pour récupérer le solde. Dans tous les cas, l’impact sur la cote de crédit du vendeur est sévère, mais la situation se rétablit généralement plus vite qu’après une saisie.

Est-ce que la vente à découvert vaut encore le détour ?

Les opérations faciles d’il y a dix ans ne sont plus à l’ordre du jour. Les bonnes affaires existent encore, mais il faut s’armer de patience, de méthode et s’entourer d’un professionnel aguerri. Pour ceux qui veulent tenter l’aventure, la pré-approbation du financement reste le point de départ incontournable. Cette étape, au moins, n’a rien perdu de sa simplicité.

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